1a - Contact :
1b - LE CHANT DE LA FORET DE LA TETE
A cette heure précise rien ne salit la nappe agreste de la vie qui m’apparaît par la fenêtre de mon logis. Quoique j’habite au cinquième d’une de ces tours blotties d’ennui conformiste, j’entends le bruit du vent, et tout m’indique un calme sidérant, parce qu’en fin de compte, il n’y a pas lieu de s’affoler, le temps est arrêté, je suis tout à fait simple dans ma chair de boudin, rien ne m’oppresse, je n’ai aucune obligation, ni aujourd’hui, ni demain, je n’en aurai plus.
Je suis l’homme libre de la caverne d’Ali le Mustafesse, et je vis en me torchant au siècle pasteur de bredouille gammée, je me prends le fusil en poireau qui est mon nez aussi laid qu’une face docte de puritaine forêt de la tête.
Quel est le problème, dans le terrible état d’où je vomis ? On appelle quoi ? Ma peau, ma maigreur ? Comme je ne mange plus je vomis – et les cris des environs n’atteignent plus ces oreilles collées à la forêt de ma tête.
Rien de tout ce grand cirque n’implique la Gudule de ma tête, rien de tout ceci n’est vraiment édifiant – la poudre aux yeux – c’est liquidé, voyez-vous, comme le vin, comme toute vieille rengaine, comme la fille de l’arrêt du tram qui clignote des paupières de sa forêt de la tête.
Vois-tu l’enflé qui tournicote les fils de soie du tiroir ? Vois-tu ma pauvre vieille trogne ridée de chaque heure claquant des dents de crever ? Ce sortilège bout de l’idée que l’immonde arabesque à saucer le manchot du branleur, c’est le parti du plus offrant du trône qui bout de l’ignoble de crever la panse aux gueux, et s’articule au fond de mon pantin de troquet tamoul comme la marraine pensée maîtresse – vade-mecum du crime, vade-mecum omniprésent de la toute-puissance des forêts de la tête.
A cette heure précise rien ne salit la nappe agreste de la vie qui m’apparaît par la fenêtre de mon logis. Quoique j’habite au cinquième d’une de ces tours blotties d’ennui conformiste, j’entends le bruit du vent, et tout m’indique un calme sidérant, parce qu’en fin de compte, il n’y a pas lieu de s’affoler, le temps est arrêté, je suis tout à fait simple dans ma chair de boudin, rien ne m’oppresse, je n’ai aucune obligation, ni aujourd’hui, ni demain, je n’en aurai plus.
Je suis l’homme libre de la caverne d’Ali le Mustafesse, et je vis en me torchant au siècle pasteur de bredouille gammée, je me prends le fusil en poireau qui est mon nez aussi laid qu’une face docte de puritaine forêt de la tête.
Quel est le problème, dans le terrible état d’où je vomis ? On appelle quoi ? Ma peau, ma maigreur ? Comme je ne mange plus je vomis – et les cris des environs n’atteignent plus ces oreilles collées à la forêt de ma tête.
Rien de tout ce grand cirque n’implique la Gudule de ma tête, rien de tout ceci n’est vraiment édifiant – la poudre aux yeux – c’est liquidé, voyez-vous, comme le vin, comme toute vieille rengaine, comme la fille de l’arrêt du tram qui clignote des paupières de sa forêt de la tête.
Vois-tu l’enflé qui tournicote les fils de soie du tiroir ? Vois-tu ma pauvre vieille trogne ridée de chaque heure claquant des dents de crever ? Ce sortilège bout de l’idée que l’immonde arabesque à saucer le manchot du branleur, c’est le parti du plus offrant du trône qui bout de l’ignoble de crever la panse aux gueux, et s’articule au fond de mon pantin de troquet tamoul comme la marraine pensée maîtresse – vade-mecum du crime, vade-mecum omniprésent de la toute-puissance des forêts de la tête.
1c - LE TEMPS OU JE VIVAIS COMMIS DE BAS ETAGE
J’ai marché dans bien des villes, ai vu bon nombre de rues, de passage, toujours, pour quelques heures ou une nuit. C’était du temps où je travaillais comme un laquais typique. J’occupais un poste vague dont j’ignorais l’intitulé. Toujours est-il que je remplissais certaines fonctions de porteur. J’étais en somme un voyageur, je portais des paquets aux contenus mystérieux, bien souvent ficelés, mais dont je n’avais cure. J’étais vêtu d’un costume comme d’une marque de soumission, ainsi l’on pouvait voir de qui j’étais l’idiot. Dans le train j’étais pris pour un groom ou un agent des chemins de fer. Le trajet durait des heures, jamais banal ni ennuyeux. Je sentais sourdre en moi au contact de mes pairs un ruisseau débordant de bonheur et de paix. Je pensais découvrir le secret de la vie. De discussions ordinaires avec les barmaids je dressais des tableaux pleins de fougue et de charme. Et je renouvelais tournée après tournée ces expériences humaines comme un enfant en joie. J’étais riche de paroles, riche des gens à mes côtés, je pensais certainement faire partie du fatras – café , jeu de hasard, vêtaient dans la grisaille des parures de roi. Arrivé à destination, je prenais possession de la chambre d’hôtel qu’on m’avait réservée. La chambre était miteuse la plupart du temps, pourtant c’était une source d’émerveillement dont l’origine m’échappait. Une joie puérile m’étreignait lorsque je vidais mes poches. Je m’asseyais un instant à la table carrée et regardais couler la rue qui m’attendait. Je sentais une force étrange, un large sourire inondait mon visage. Et je pouvais pleurer, de joie ou de chagrin, en regardant un chien, une ombre d’ouvrier, un commerçant fermer boutique, ou la pluie scintiller dans des flaques de Népal offertes à mes jeux. Je me disais : « je suis vivant, je suis la force de l’homme – je la sens dans mon corps. Je pourrais bien porter d’autres paquets que ceux-là ». Alors je sortais, pour marcher par les rues de cette ville où j’avais échoué. Je voyais ces rues pour la première fois, pourtant je marchais d’un pas assuré comme si je les avais toujours connues. Je retenais aisément par où je passais, une carte prenait forme à l’intérieur de ma tête. Je marchais comme un homme parmi d’autres, mais aucun ne savait combien j’étais heureux. Des pensées surgissaient, tourbillonnaient dans ma tête, alors je m’arrêtais quelques instant pour les noter. Je sortais un crayon de ma poche, ainsi qu’un bout de papier que j’avais toujours sur moi, j’écrivais quelques mots puis mordillais mon crayon. En repartant j’avais ce goût de bois vernis en bouche. Que j’étais fébrile ! Comme je tremblais ! Je savais que ces phrases provenaient de ma force, et ma force gonflait dans ma poitrine. Je m’asseyais un moment à la tombée de la nuit, sur un banc, ou à même le sol. Je humais l’air, la terre autour de moi, l’odeur des arbres et des feuilles, et je pensais : "je suis libre, perdu, égaré je me complais, solitaire et sans attaches. C’est ma jeunesse, je le sens, qui se défait sans bruit, peut-être est-il possible de ne jamais apprendre. Je ne veux rien connaître pour découvrir sans cesse, ne voir qu’avec des yeux innocents et naïfs. Je souhaite demeurer dans tous les lieux de toutes les villes, vivre au gré de mes pas, et suivre mes rêves où ils iront se cacher".
J’ai marché dans bien des villes, ai vu bon nombre de rues, de passage, toujours, pour quelques heures ou une nuit. C’était du temps où je travaillais comme un laquais typique. J’occupais un poste vague dont j’ignorais l’intitulé. Toujours est-il que je remplissais certaines fonctions de porteur. J’étais en somme un voyageur, je portais des paquets aux contenus mystérieux, bien souvent ficelés, mais dont je n’avais cure. J’étais vêtu d’un costume comme d’une marque de soumission, ainsi l’on pouvait voir de qui j’étais l’idiot. Dans le train j’étais pris pour un groom ou un agent des chemins de fer. Le trajet durait des heures, jamais banal ni ennuyeux. Je sentais sourdre en moi au contact de mes pairs un ruisseau débordant de bonheur et de paix. Je pensais découvrir le secret de la vie. De discussions ordinaires avec les barmaids je dressais des tableaux pleins de fougue et de charme. Et je renouvelais tournée après tournée ces expériences humaines comme un enfant en joie. J’étais riche de paroles, riche des gens à mes côtés, je pensais certainement faire partie du fatras – café , jeu de hasard, vêtaient dans la grisaille des parures de roi. Arrivé à destination, je prenais possession de la chambre d’hôtel qu’on m’avait réservée. La chambre était miteuse la plupart du temps, pourtant c’était une source d’émerveillement dont l’origine m’échappait. Une joie puérile m’étreignait lorsque je vidais mes poches. Je m’asseyais un instant à la table carrée et regardais couler la rue qui m’attendait. Je sentais une force étrange, un large sourire inondait mon visage. Et je pouvais pleurer, de joie ou de chagrin, en regardant un chien, une ombre d’ouvrier, un commerçant fermer boutique, ou la pluie scintiller dans des flaques de Népal offertes à mes jeux. Je me disais : « je suis vivant, je suis la force de l’homme – je la sens dans mon corps. Je pourrais bien porter d’autres paquets que ceux-là ». Alors je sortais, pour marcher par les rues de cette ville où j’avais échoué. Je voyais ces rues pour la première fois, pourtant je marchais d’un pas assuré comme si je les avais toujours connues. Je retenais aisément par où je passais, une carte prenait forme à l’intérieur de ma tête. Je marchais comme un homme parmi d’autres, mais aucun ne savait combien j’étais heureux. Des pensées surgissaient, tourbillonnaient dans ma tête, alors je m’arrêtais quelques instant pour les noter. Je sortais un crayon de ma poche, ainsi qu’un bout de papier que j’avais toujours sur moi, j’écrivais quelques mots puis mordillais mon crayon. En repartant j’avais ce goût de bois vernis en bouche. Que j’étais fébrile ! Comme je tremblais ! Je savais que ces phrases provenaient de ma force, et ma force gonflait dans ma poitrine. Je m’asseyais un moment à la tombée de la nuit, sur un banc, ou à même le sol. Je humais l’air, la terre autour de moi, l’odeur des arbres et des feuilles, et je pensais : "je suis libre, perdu, égaré je me complais, solitaire et sans attaches. C’est ma jeunesse, je le sens, qui se défait sans bruit, peut-être est-il possible de ne jamais apprendre. Je ne veux rien connaître pour découvrir sans cesse, ne voir qu’avec des yeux innocents et naïfs. Je souhaite demeurer dans tous les lieux de toutes les villes, vivre au gré de mes pas, et suivre mes rêves où ils iront se cacher".
1d - LA PILULE
Il avait un charbon à la place du cœur. Et tous les jours il prenait une pilule pour mettre feu au charbon. Cela fonctionnait-il ? Lui, voulait y croire. C’était une pilule à base de consoude, prescrite pour un buffle dont la convalescence traînait.
Il se souvient d’une cuisine aux portes de placard collantes et tâchées, et d’un feu rouge d’alarme allumé la nuit. Après, c’est le vide, un engloutissement. On pourra parler plus tard d’une certaine aptitude à être malheureux. Je ne pense pas qu’elle soit la cause de deux T.S avortées.
Il avait un air goguenard, comme une trace de raillerie sur le visage, un air macabre pour des joues rouges, une tendance à avoir honte, et des cheveux, ma foi, qui tenaient encore assez sur le sommet du crâne.
La pilule lui faisait comme un bien fou à l’aine, des fois qu’on comprendrait ses manques de compassion. Dans l’état où le plongeaient ses fonctions de commis, on aurait pu aborder silhouette plus repoussante.
« Je suis représentant, tout comme vous, êtes commis ». Avec de telles grâces de présentation, on vint lui exposer comme un dernier délai une bourse qui expirait à la fin de l’année.
Car il était à la porte d’une société de commerce, fondée sur la repousse des peaux de gnous tannées.
On ne pouvait s’empêcher de faire planer sur lui une ombre de mépris. C’était un tendre ; il est connu qu’on a pour eux un irrespect flagrant. Lui, voulait juste plaire, par respect pour une idée sortie de l’ordinaire.
« Comme je méprise ces couples brutaux. Je suis du reste un charmeur, mais je ne fais pas usage de toutes ces qualités. Je laisse des types grossiers se charger de demoiselles dont la beauté éblouit. Il faudrait être opportuniste, et moi je suis craintif… En reprenant un travail, j’ai perdu ma belle assurance de deux ans d’inertie à cultiver mes charmes. Mais j’ai besoin de petits nouveaux pour faire état de mes grâces. C’est une inconséquence pour moi que de garder des relations. Pour mon plus vieil ami, toujours j’ai gardé cet air de nouveauté. Il s’ensuit qu’on ne peut pas dire que nous nous connaissons. J’ai toujours été indigne d’amitié. Je suis trop fier et fourbe pour faire un bon ami. Au fond, qu’est-ce que je veux ? Me terrer dans une chambre, et n’accepter d’honneurs que quelques réprimandes. »
Il avait un charbon à la place du cœur. Et tous les jours il prenait une pilule pour mettre feu au charbon. Cela fonctionnait-il ? Lui, voulait y croire. C’était une pilule à base de consoude, prescrite pour un buffle dont la convalescence traînait. Il se souvient d’une cuisine aux portes de placard collantes et tâchées, et d’un feu rouge d’alarme allumé la nuit. Après, c’est le vide, un engloutissement. On pourra parler plus tard d’une certaine aptitude à être malheureux. Je ne pense pas qu’elle soit la cause de deux T.S avortées. Il avait un air goguenard, comme une trace de raillerie sur le visage, un air macabre pour des joues rouges, une tendance à avoir honte, et des cheveux, ma foi, qui tenaient encore assez sur le sommet du crâne. La pilule lui faisait comme un bien fou à l’aine, des fois qu’on comprendrait ses manques de compassion. Dans l’état où le plongeaient ses fonctions de commis, on aurait pu aborder silhouette plus repoussante. « Je suis représentant, tout comme vous, êtes commis ». Avec de telles grâces de présentation, on vint lui exposer comme un dernier délai une bourse qui expirait à la fin de l’année. Car il était à la porte d’une société de commerce, fondée sur la repousse des peaux de gnous tannées. On ne pouvait s’empêcher de faire planer sur lui une ombre de mépris. C’était un tendre ; il est connu qu’on a pour eux un irrespect flagrant. Lui, voulait juste plaire, par respect pour une idée sortie de l’ordinaire. « Comme je méprise ces couples brutaux. Je suis du reste un charmeur, mais je ne fais pas usage de toutes ces qualités. Je laisse des types grossiers se charger de demoiselles dont la beauté éblouit. Il faudrait être opportuniste, et moi je suis craintif… En reprenant un travail, j’ai perdu ma belle assurance de deux ans d’inertie à cultiver mes charmes. Mais j’ai besoin de petits nouveaux pour faire état de mes grâces. C’est une inconséquence pour moi que de garder des relations. Pour mon plus vieil ami, toujours j’ai gardé cet air de nouveauté. Il s’ensuit qu’on ne peut pas dire que nous nous connaissons. J’ai toujours été indigne d’amitié. Je suis trop fier et fourbe pour faire un bon ami. Au fond, qu’est-ce que je veux ? Me terrer dans une chambre, et n’accepter d’honneurs que quelques réprimandes. »
1e - CASSE-LACHE
Il opère en silence et me condamne, mon double, parmi la meute rangée des moutons ascétiques. Fier, il avance, les bras collés au corps, dans le surgissement brutal du parfum de la terre, vêtu d’un manteau blanc de moiteur erratique. Bris de verre et insultes, il exprime ma retenue. C’est le pervers, l’ébauché, qui n’a qu’un trait sur son visage fermé au tout-venant. Il puise au fond de lui une force brutale, se distingue par l’entité conformiste de sa nature. Il viole, tue, mutile, atrophie, triche, crache l’adaptabilité en bulles de haine et de pus. Il se joue des quintessences vitales de nos rites en cloque d’un mort-né débile qu’on montre et dont on rit. Et je l’intègre, je l’ai en moi, il est moi, comme une réparation de mes faiblesses, comme un casse-lâche.
Il opère en silence et me condamne, mon double, parmi la meute rangée des moutons ascétiques. Fier, il avance, les bras collés au corps, dans le surgissement brutal du parfum de la terre, vêtu d’un manteau blanc de moiteur erratique. Bris de verre et insultes, il exprime ma retenue. C’est le pervers, l’ébauché, qui n’a qu’un trait sur son visage fermé au tout-venant. Il puise au fond de lui une force brutale, se distingue par l’entité conformiste de sa nature. Il viole, tue, mutile, atrophie, triche, crache l’adaptabilité en bulles de haine et de pus. Il se joue des quintessences vitales de nos rites en cloque d’un mort-né débile qu’on montre et dont on rit. Et je l’intègre, je l’ai en moi, il est moi, comme une réparation de mes faiblesses, comme un casse-lâche.
1f - IL PLEURE DE LA LUMIERE
Il pleure de la lumière comme une étoile triste. Un ange a fait demeure au fond d’un ciel d’étain. Il pleure de l’amazone et des fleurs de chardon. La fée me confiture et rit de mes dents jaunes. Dans le creux de ses mains elle fait vivre mes songes. Elle me tient chaud au cœur, rivière à l’en dedans, paupière se gondole, il pleure de la lumière comme une étoile triste.
Amont les paysans font braire leur ânesse ; j’ai vu les pattes d’ours plantées dans quatre chiens, et la cohue de l’homme enrubanné de laine. J’ai les doigts rouges d’être plantés dans le zoo de mon cercle, chaque aube me promet des franges turquoises. Au port la société m’a fait procès du silence dans lequel je vêtais ma pauvre nudité. J’ai fui la grosse peur des foules de rustres jusqu’au septentrion de mes neiges cachées. Et quand le feu me prit en boisseau de fougères, ma tête avait perdu ses nobles desseins. Alors je m’aperçus que je ne tenais pas sur ce filin branlant. Le chant des lombes prenait sa source à mes poumons. Il pleure de la lumière comme une étoile triste.
Il pleure de la lumière comme une étoile triste. Un ange a fait demeure au fond d’un ciel d’étain. Il pleure de l’amazone et des fleurs de chardon. La fée me confiture et rit de mes dents jaunes. Dans le creux de ses mains elle fait vivre mes songes. Elle me tient chaud au cœur, rivière à l’en dedans, paupière se gondole, il pleure de la lumière comme une étoile triste. Amont les paysans font braire leur ânesse ; j’ai vu les pattes d’ours plantées dans quatre chiens, et la cohue de l’homme enrubanné de laine. J’ai les doigts rouges d’être plantés dans le zoo de mon cercle, chaque aube me promet des franges turquoises. Au port la société m’a fait procès du silence dans lequel je vêtais ma pauvre nudité. J’ai fui la grosse peur des foules de rustres jusqu’au septentrion de mes neiges cachées. Et quand le feu me prit en boisseau de fougères, ma tête avait perdu ses nobles desseins. Alors je m’aperçus que je ne tenais pas sur ce filin branlant. Le chant des lombes prenait sa source à mes poumons. Il pleure de la lumière comme une étoile triste.
Profil

- Nom: Rémy Disdero
- Situation : Poëte - Dessinateur
Photo en haut à gauche : Crucified horse, de Joel Peter Witkin
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