Vendredi 09 Février 2007, 11:47
Voila j'ai fait un peu de ménage pour que ce blog retrouve sa fonction premiere qui est je le rapelle présenter les différents skinheads aussi bien politisés qu'apolitisés Merci de respecter les choix de chaqu'un
Lundi 17 Avril 2006, 22:33
Jeudi 20 Avril 2006, 22:31
Des Mods aux SkinheadsLes Skinheads sont issus de la vague modernist : après 1967 beaucoup de Mods virent vers le flower power et le psychédélisme. Certains préservent le style originel et radicalisent leur look : ce sont les hard mods, ou encore heavy mods. Ils portent le costume cintré et le chapeau pork-pie pour danser, mais des vêtements de sport ou de travail pour traîner dans la rue (polo Fred Perry, chaussures Doc Marten's…). Ils prennent le contre-pied de la mode branchée de l'époque (telle que la vague psychédélique ou le mouvement hippie), rejettent le conformisme et affichent fièrement leurs origines ouvrières (working class). Ces hard mods se crispent sur l'identité modernist de la période 1962-1966 : musique noire américaine, luxe italien (Dolce Vita), style urbain et moderne, scooters Vespa ou Lambretta... Comme ils vivent dans les même banlieues et quartiers ouvriers, les hard mods fréquentent les rude boys, ou rudies, jeunes immigrés antillais, surtout jamaïcains, dont le look est proche et avec qui ils partagent le goût pour la musique noire américaine (soul, rythm'n'blues) et jamaïcaine (ska et rocksteady). Vers 1968 les hard mods et les rudies se confondent pour devenir les skinheads. Certains prétendent qu'ils se sont tondus les cheveux pour se distinguer des hippies. Ou parce que nombre d'entre eux travaillaient dans les usines, avoir les cheveux courts était la norme pour éviter les incidents au contact des machines. Plus sûrement c'est une manière d'échapper à la police montée lors des émeutes. Le look skinhead se standardise : cheveux courts (tondus ou coupés courts, mais rarement rasés à blanc à cette époque), favoris, polo style Fred Perry, chemise style Ben Sherman ou encore Levis Sta Prest, bretelles, blue jean style 501 coupé court (rejet des pattes d'éléphant), chaussures Doc Marten's, rangers ou baskets, blouson style bomber, harrington ou encore donkey jacket (manteau de docker), écharpe de son club de football préféré... Notons que le blouson harrington, porté par les mods, puis les skinheads et enfin les punks, n'est pas une marque mais un type de veste légère en toile de coton unie doublée de tissus à carreaux écossais. Le nom vient du héros de la série télévisée américaine "Peyton Place", très populaire au début des années 60, Mr Harrington, qui portait ce vêtement. Le look skinhead est donc un mélange de sportswear, de vêtements de travail et de surplus militaires. Mais le costume cintré, héritage modernist, est encore porté pour danser ou frimer en soirée. Ces adolescents et ces jeunes adultes s'approprient, comme ceux d'aujourd'hui, certaines marques devant emblématiques : Fred Perry, Lonsdale, Ben Sherman, Everlast, ou encore Adidas…
1969, les Skinheads popularisent le reggaeEn 1969, un véritable raz-de-marée skinhead envahit le Royaume Uni. Cette contre-culture devient soudain très à la mode et unit les jeunes des quartiers ouvriers, tant blancs que noirs. Les skinheads écoutent de la soul, du rythm'n'blues (de chez Stax ou Motown), du mod's beat (soul-rock anglais des Who et autres Kinks ou Small Faces), mais surtout du ska, du rocksteady et du reggae avec des artistes noirs venus des Caraïbes tels Simaryp, Laurel Aitken, Desmond Dekker et même les Skatalites, les Upsetters, Jimmy Cliff ou Bob Marley, les Wailers... Le reggae et le rocksteady, bien plus que le ska, apparaîssent comme le son skinhead par excellence. Pour les puristes on parle alors de skinhead reggae, de reggae one drop ou encore d'early reggae. Dans la tradition modernist, les skinheads aiment danser. Ils rivalisent de pas de danse compliqués pour frimer lors des discoes, l'équivalent des boums françaises. Les chansons parlent de leur vie quotidienne : émeutes, condition ouvrière, dificultés de tous les jours, contestation sociale, mais aussi sexe, danse et football. Les principales maisons de disques éditrices de ska et de skinhead reggae sont Trojan records et Pama records. Le logo Trojan (un casque de guerrier troyen) a été repris par la suite pour désigner les skinheads originels (spirit of 69). Les filles sont appelées skinhead girls plutôt que birds ou birdies (terme péjoratif équivalent du français "pouffe"). Ces gangs de jeunes ont parfois un comportement violent et les hooligans adoptent vite le style skinhead. Certains avancent que les skinheads sont issu du hooliganisme. C'est à la fois vrai et faux : les jeunes britanniques des classes moyennes et populaires se comportent souvent en hooligans dans les stades de football, mais le hooliganisme est plus ancien que le style skinhead (début du XX° siècle) et les codes vestimentaires des hooligans varient beaucoup avec les modes (la plupart de hooligans actuels n'ont absolument pas le look skinhead). L'abus d'alcool et de drogues diverses (surtout les amphétamines, pour pouvoir danser toute la nuit, le LSD est plutôt une mode de hippies) n'arrangent rien à l'image des skinheads. La presse tabloid peut dès lors stigmatiser les skinheads, comme elle l'avait fait auparavant pour les mods ou les rockers. C'est la nouvelle menace. L'usage fréquent des couleurs nationales ou du drapeau (Union Jack pour l'ensemble des Britanniques ou Saint Georges Cross pour les Anglais) par les skinheads de cette époque est abusivement interprêté comme un glissement vers le nationalisme. En fait les jeunes Britanniques font souvent preuve d'un patriotisme cocardier tel qu'on peut le rencontrer dans les tribunes des stades de football. Il n'est généralement fondé sur aucun nationalisme au sens strict. Les mods auparavant arboraient les couleurs nationales et les punks par la suite feront de même. Notons aussi que les Britanniques pavoisent beaucoup plus fréquemment que les Français. Cette fierté d'appartenir à la nation britannique est même un élément unificateur pour les jeunes Anglais blancs et les Antillais noirs venus de la Jamaïque ou de Sainte-Lucie (états du Commonwealth, dont les habitants sont assimilés aux Britanniques puisque sujets de la même reine). Mais il est vrai que les skinheads de cette époque font preuve de méfiance à l'encontre, non pas des noirs, mais des jeunes Indiens et Pakistanais, dont le style vestimentaire et les goûts musicaux les rapprochent des hippies. Certains organisent de véritable ratonnades à leur encontre : le paki bashing. Ceux-ci réagissent et fondent des gangs de skinhead scalpers. Cette opposition entre skinheads noirs et blancs d'une part et jeunes indo-pakistanais de l'autre n'a cependant jamais été une généralité lors de la première vague skinhead. C'est plutôt une réalité circonscrite à certains quartiers de Londres. Les archives montrent d'ailleurs de nombreux skinheads au type asiatique. Cette première vague skinhead est donc avant-tout une mode, un style musical et vestimentaire largement méconnu hors de Grande-Bretagne. Pour la plupart des journalistes les skinheads ne sont qu'une nouvelle sorte de voyous incontrôlables (à l'époque la France a ses blousons noirs). Le mouvement n'est peu ou pas politisé. Si John Lennon adopte quelques mois un look skinhead, c'est parce qu'il se sent proche de cette jeunesse ouvrière tumultueuse et rebelle. Vers 1971 la vague skinhead s'essoufle. De nouvelles modes apparaissent : le style glam rock pour les jeunes blancs et les rastafarisme pour les noirs. Les skinheads authentiques, qui rejettent le racisme et la violence gratuite, adoptent le style suedehead (crâne de velour): le look devient plus recherché, à la manière des mods, les cheveux repoussent.
1979, les Skinheads réapparaissent puis se politisentAprès 1971 l'esprit skinhead ne disparaît pas pour autant et survit à travers les suedeheads puis les smoothies (ces-derniers portent les cheveux assez longs). Les deux adoptent le style bootboy lorsqu'ils descendent dans la rue : blue jean retroussé, Doc Marten's montantes, bretelles... C'est le style vestimentaire arboré dans le film de Stanley Kubrick "Orange mécanique". L'œuvre est violente mais le message est plus subtil qu'il n'y paraît : une critique des théories comportementalistes et une caricature des aspects les plus ridicules des sociétés modernes. Les mods eux-aussi sont has been mais restent nombreux, en particulier dans le nord de l'Angleterre où ils sont à l'origine d'un style musical particulier, influencé par la musique noire américaine, le northern soul. Les codes musicaux changent et chez les bootboys le reggae, le rocksteady et le ska sont vite supplantés par le glam rock (cf David Bowwie ou The New York Dolls), le pub rock (cf Elvis Costello) puis le punk rock (genre musical inventé aux États-Unis par les Stooges, les New York Dolls, encore eux, et les Ramones vers 1973-1975). Nombre des premiers punks anglais (fin 1976-début 1977) ont le style bootboy, à commencer par les Clash (par ailleurs fans de reggae et de pub rock). Profitant de l'explosion médiatique punk en 1977, les skinheads et même les mods réapparaissent et se mêlent au punks. Ils sont alors peu nombreux, noyés dans la masse punk. Le film Quadrophenia (1979) et le groupe The Jam participent à la relance du courant modernist. Après 1979 cependant, le punk-rock n'a plus la faveur des médias et les punks se radicalisent : ils deviennent not dead (de l'expression « punk's not dead »), ou adoptent le style des skinheads. Dès lors le mouvement skinhead connaît une nouvelle heure de médiatisation. Ces nouveaux skinheads écoutent ou jouent du street punk et de la oi !, c’est-à-dire des formes violentes et radicales de punk-rock.Oi!, en argot cockney, est la contraction de l'apostrophe : Hey you! On entend Oï! pour la première fois sur un morceau des Clash en 1977 (Career opportunities). Les groupes précurseurs sont Menace, Angelic Upstart ou Sham 69, puis viennent Cockney Rejects, Business, Cocksparrers, The 4 Skins, Last Resort, The Oppressed, Blitz... Cette époque connaît aussi un revival rocksteady, ska et skinhead reggae qui contribue à populariser le style skinhead avec des groupes comme Madness, The Specials, Bad Manners ou The Selecter de chez 2Tone Records. Ces musiciens adoptent un style vestimentaire plutôt modernist, mais le public est largement skinhead. De nombreux artistes jamaïcains tombés dans l'oubli refont surface (par exemple le chanteur Laurel Aitken, godfather of ska music). Le ska, énergisé par les influences punk-rock, remporte les faveurs du public skinhead de l'époque. Mais en 1979, contrairement à 1969, la très grande majorité des skinheads sont blancs. C'est aussi de cette époque que date l'habitude de se raser les cheveux à blanc et la musique Oï de cette époque est qualifiée de closed shave (rasée de près). Le slogan ACAB (all the cops are bastards, "tous les flics sont des bâtards") fait son apparition. Dès 1979 la mode skinhead dépasse les îles britanniques et touche l'Amérique du Nord et l'Europe de l'Ouest (en France la première compilation skin-punk Chaos sort en 1982). C'est une contre-culture particulièrement vivace dans les années 1980, même si elle ne draîne pas la masse des jeunes. En France, Camera silens ou La Souris Déglinguée draînent un public skinhead. Il en va de même pour les Skarfaces, légende vivante du ska en France. À New York les inventeurs de la musique punk hardcore sont généralement des skinheads (Agnostic Front, Madball, MOD...), et revendiquent encore aujourd'hui leur appartenance au mouvement. Ces skinheads évoluent dans une mouvance plus large : le punk-rock, le hard-core ou encore le rock alternatif. A la fin des années 1970 l'extrême droite britannique (British National Party et National Front) s'implante parmi les jeunes punks et skinheads blancs issus généralement des classes sociales les plus défavorisées et en situation de marginalisation. Les provocations de quelques punks, comme Sid Vicious qui arborait souvent un t-shirt à croix gammée, ont fait penser à certains que les vrais rebelles étaient les nazis. Ian Stuart, chanteur du groupe punk Skrewdriver, est un exemple typique de cette dérive. Skrewdriver était un groupe street punk apolitique (comme l'immense majorité des groupes punks à cette époque), mais particulièrement provocateur, né en 1977. Il est l'auteur du tube Antisocial. Après un split de courte durée Ian Stuart reconstitue le groupe en 1979, mais sous une forme politisée ouvertement néonazie, puis il crée Blood and Honour au début des années 80. C'est un mouvement nationaliste, raciste et en particulier antisémite. Ian Stuart ne cache pas sa fascination pour Hitler et ne tarde pas à apporter son soutien aux associations néonazies, aussi bien au Royaume Uni qu'en Allemagne. Il est suivi par une partie des skinheads qui adoptent un comportement de plus en plus violent et basculent vers l'extrême-droite. Beaucoup sont des hooligans fascinés par la violence sous toutes ses formes. Ils hurlent Sieg Heil! ou Heil Hitler dans les concerts et déclenchent de fréquentes rixes avec les autres skinheads ou les punks, sans parler des agressions envers les noirs ou les immigrés. Certains skinheads ont pu se rapprocher de l'extrême-droite pour prendre le contrepied des punks de la période 1979-1982 : rejet de la saleté, du look "destroy" mal rasé, de la clochardisation, de l'anarchisme braillard, des drogues dures... respect des valeurs familiales, du travail, de la patrie, allure physique et vestimentaire saine et propre... C'est à dire le rejet de la marginalisation et l'attachement à des valeurs à la fois populaires et conservatrices. Idéologiquement ces premiers skinheads nationalistes ratissent très large : rescapés du nazisme anglais des années trente qui servent de mentors, antisémites de tout poil, xénophobes échaudés par l'immigration, anticommunistes qui dénoncent les états soviétiques, hooligans violentissimes, punks et skinheads dépourvus de repères idéologiques qui aiment provoquer en arborant des insignes nazis (alors que leurs parents ont souvent combattu contre les nazis en 1939-45)... Écœurés par cette récupération de leur contre-culture et fidèles à leurs racines jamaïcaines, les skinheads antiracistes se regroupent au sein des SHARP (SkinHeads Against Racial Prejudice, mouvement fondé à New York en 1980). La figure emblématique du mouvement SHARP est Roddy Moreno, leader du groupe The Oppressed et importateur du SHARP au Royaume-Uni. The Oppressed chantent Work together (clin d'œil marxiste, prolétaires de tous pays, unissez-vous!). Les Sham 69 adaptent le chant révolutionnaire chilien El pueblo unido jamas sera vencido en If the kids are united they will never be defeated. Ces groupes réaffirment leur fierté d'appartenir à la classe ouvrière et de partager ses valeurs : fraternité, solidarité, luttes sociales... A la même époque les Dead Kennedys (groupe punk californien) dénoncent la dérive des skinheads nazis dans le morceau Nazi punks. Fuck off!. Beaucoup de skinheads sharp sont engagés au sein du Socialist Workers Party, organisation marxiste révolutionnaire qui organise de grandes grèves à partir de 1980 en réaction à la politique du gouvernement Thatcher, perçue comme très capitaliste. Les skinheads sharp sont appelés reds (rouges) par les nationalistes qui les accusent de vouloir faire basculer l'Occident dans la sphère soviétique (en fait la plupart des skinheads sharp se désignent comme travaillistes ou syndicalistes, rarement comme communistes). Les skinheads sharp considèrent les nationalistes et les néonazis comme de faux skinheads et les appellent boneheads (crânes d'os). Dès le début des années 1980 la scène skinhead se divise. La presse focalise sur les néonazis, à tel point que l'opinion publique retient surtout cette simpliste équation : skinhead = brute néonazie. Il faut dire que dans de nombreuses régions du monde, comme l'Europe de l'Est, le style skinhead n'apparaît guère que sous sa forme d'extrême-droite. Mais les médias portent une lourde part de responsabilité dans la diabolisation du mouvement skinhead, préférant montrer des skinheads néonazis plutôt que des skinheads fans de reggae. La peur fait vendre du papier à sensations.
Les Skinheads aujourd'huiAujourd'hui la mouvance skinhead est profondément divisée et hétéroclite. Les skinheads sont en fait à l'image de la société : leur sensibilité politique va de l'extrême droite à l'extrême gauche en passant par la gauche et la droite classique. Certains sont démocrates, alors que d'autres sont attirés par des discours réactionnaires qui prônent soit la dictature du prolétariat de type marxiste-léniniste soit une dictature de type fasciste. Certains sont radicalement racistes, alors que d'autres rejètent en bloc tout type de racisme (ethnique, mais aussi religieux et social). Certains sont athées ou agnostiques, alors que d'autres sont croyants (christianisme, croyances païennes de type paganisme, bouddhisme, etc). Malgré cette diversité, il y des points communs qui les rassemblent (presque) tous : ils sont généralement issus des classes sociales modestes ou moyennes, et sont fiers de leurs origines sociales. Ils méprisent avec vitalité la police, les bourgeois et les hippies. Ils soutiennent généralement l'équipe de football de leur ville et optionnellement leur équipe nationale. Leur goût pour la provocation et la bagarre les rassemble aussi. De même, ils adorent se déhancher sur les pistes de danse lors de soirées 60's au son des musiques mod, soul ou jamaïcaines, ou pogoter lors de concerts Street Punk et Oi. Enfin, les skinheads sont également très actifs dans la rédaction et la diffusion de fanzines dédiés à la musique, au football et à d'autres cultures (comme le tatouage par exemple). Aujourd'hui, le monde skinhead se divise en 2 tendances : les skinheads non-politisés et les skinheads politisés. - Les skinheads non-politisés :
Ils sont présents partout en Europe, aux Amériques, en Australie, en Asie... En fait, ils sont présents partout dans le monde où il y a une scène skinhead. Ils constituent très vraisemblement la majorité silencieuse du monde skinhead. Ces derniers refusent toute récupération politique et rejètent toute aliénation à une idéologie politique ou syndicale. Toutefois, cela ne signifie pas que ces skinheads sont dépourvus de conscience politique. Bien au contraire. En réalité, ces derniers n'ont tout simplement pas envie de mélanger musique et culture skinhead avec politique. Pour eux, la politique est un poison et la scène skinhead doit revenir à ses racines des années 60, à savoir redevenir aussi apolitique que les scènes mod, psycho, scooterist ou rocker. Souvent patriotes, les skinheads non-politisés ne sont pas pour autant unis. Ceci s'explique par des sensibilités politiques hétéroclites et surtout par une culture des bandes inhérente au milieu skinhead. Les skinheads apolitiques ne sont pas racistes. Certains d'entre eux, las de voir leur culture taxée de raciste par les médias, se sont fédérés autour du SHARP (Skinheads Against Racial Prejudice). Ce mouvement est apparu à New York vers 1980 puis a été importé en Europe par les membres du groupe britannique The Oppressed. Le SHARP se veut libre de toute affiliation à un parti ou un syndicat. Il s'agit de réaffirmer le lien étroit entre la culture skinhead et la classe ouvrière (working class) et de combattre le racisme et particulièrement l'idéologie néo-nazie. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, là où le SHARP est le mieux implanté, les skinheads SHARP s'affichent souvent comme patriotes. Toutefois certains skinheads non-politisés méprisent le SHARP taxé d'être trop à gauche. De même, certains skinheads non-politisés et nombreux skinheads d'extrême gauche reprochent à certains apos d'être trop en conivence avec des skinheads d'extrême droite. Chez les skinheads non-politisés, il existe les Trojan skinheads ou skinheads traditionnels : perpétuateurs de l'esprit de 1969, fans de reggae, de soul, de rocksteady et de ska, ils circulent souvent en scooter comme les mods, ils ne mêlent guère musique et politique. Ces derniers affichent un antiracisme sincère et revendiquent leur appartenance à la working class. Ils sont, au sens historique, les fidèles continuateurs de la première vague skinhead. Parmi les groupes de musique skinhead non-politisés, on peut citer The Last Resort, 4-Skins, Cock Sparrer, Warzone ou encore Warrior Kids. Les skinheads politisés sont des militants politiques, syndicaux et/ou associatifs qui partagent soit une idéologie d'extrême gauche soit une idéogie d'extrême-droite. Leur volonté est de faire passer un message politique radical à travers leurs concerts ou à travers leurs différents fanzines et actions. Leur militantisme politique est souvent quasi-religieux. Les skinheads d'extrême gauche et d'extrême droite partagent - souvent pour des raisons différentes - des idées communes: la nécessité d'une révolution pour renverser le système existant, l'anticapitalisme, l'antimondialisme, l'anti-impérialisme américain, la haine de l'Etat d'Israël et un penchant pro-Arabe au nom de leur antisionisme exacerbé. Mais le racisme des skinheads White Power d'extrême droite et l'antiracisme radical des skinheads d'extrême gauche les opposent violemment. Parmi les groupuscules d'extrême gauche, on trouve :
- Les Redskins. À l'origine, ce ne sont pas des skinheads, mais des fans d'un groupe de soul anglais des années 1970, The Redskins (dont plusieurs membres appartenaient au Socialist Workers Party, et qui avait un discours révolutionnaire sur fond de soul-rythm'n'blues mâtiné de punk-rock). Les premiers redskins affichaient un look plutôt punk ou alternatif. Certains se sont ensuite rapproché du style skinhead en conservant quelques particularismes : bomber retourné côté doublure orange, lacets rouges, insignes communistes divers... Mais tous les redskins ne se considèrent pas pour autant skinheads. Certains redskins, en plus d'être internationalistes, sont également nationalistes, mais pas au sens du nationalisme xénophobe d'extrême droite. Leur nationalisme est un combat pour l'indépendance et la souveraineté de leur région, et pour la préservation de leur culture et de leur langue. En Catalogne, au Pays Basque ou encore en Bretagne, beaucoup de skinheads communistes sont nationalistes. Mais souvent ces derniers préfèrent le terme "régionaliste" ou "indépendantiste" à celui de "nationaliste" trop connoté négativement et à droite. - RASH Skinheads : Red and Anarchist Skinheads. Le RASH, surtout européen, regroupe depuis les années 1990 d'anciens redskins de la première vague et de nouveaux skinheads engagés à l'extrême-gauche. Ses membres considèrent leur appartenance au mouvement skinhead comme un complément de leur engagement militant, le skinhead devenant une forme d'idéal ouvriériste. La plupart des skinheads RASH gravitent autour de : l'Union Anarchiste, la Fédération Anarchiste, the Anarchist Black Cross, l'Union Communiste libertaire, la CNT (syndicat anarchiste), voire la Ligue Communiste Révolutionnaire et des groupuscules guévaristes... Le RASH est un mouvement de tendance anarcho-communiste qui ne s'adresse pas qu'aux seuls skinheads. Dans ses concerts, il ratisse large : outre la présence de redskins et de skinheads anarchistes, il y a beaucoup de punks, de jeunes issus des différents milieux alternatifs et quelques hippies tous plus ou moins acquis à la cause anarchiste. Ce mouvement très actif revendique un antiracisme et un antifascisme radical, ce qui le rend très populaire auprès des jeunes. Cependant, malgré sa popularité, il ne fait pas l'unanimité au sein de la scène skinhead non-raciste (politisée ou pas), et certains les renvoient dos à dos avec les néonazis à cause de leurs comportements fascisants. Parmi la scène skinhead d'extrême gauche, on peut citer le groupe nationaliste catalan Opcio K-95 ou encore le groupe anarcho-communiste français Brigada Flores Magon. À l'extrême droite, on trouve : - Les skinheads nationalistes identitaires : ces derniers sont proche des partis d'extrême droite traditionnelle, comme le Front National en France. Ces skinheads ne sont ni néonazis ni suprêmaciste. Ils sont en fait nationalistes, radicalement anti-gauchistes et homophobes. Nombre d'entre eux sont proche de certains milieux royalistes ou de mouvements chrétiens fondamentalistes. Leur anticommunisme exacerbé et leur xénophobie latente les amènent à cotoyer les Boneheads lors de concerts ou lors de manifestations politiques.
- Les Boneheads : skinheads white power d'extrême droite ouvertement néonazis, suprêmacistes et ségrégationnistes. On parle aussi de naziskins. Ils sont très actifs (mais assez discrets en France, à part en Alsace) et regroupés dans diverses organisations telles Blood and Honour, Hammerskins ou Combat 18 (groupe terroriste clandestin). Les boneheads sont très visibles en Scandinavie ou dans certaines régions des États-Unis où ils sont organisés en réseau avec d'autres organisations d'extrême-droite comme le Ku Klux Klan. Le look Bonehead se distingue un peu du look skinhead originel : il est franchement paramilitaire, les cheveux sont généralement rasés à blanc. Les insignes sont la croix gammée, les écussons de la LVF ou de la division Das Reich, la croix celtique, les galons de la Wehrmacht ou de la SS... La symbolique germanique, viking ou celte est souvent utilisée par les bonheads qui marquent ainsi leur rejet des valeurs judéo-chrétiennes et prônent un retour au paganisme indo-européen. Les bonheads se reconnaissent grâce au sigle NS (national-socialiste, c'est-à-dire nazi), généralement accolé au nombre 88 (pour HH, huitième lettre de l'alphabet et initiales de "Heil Hitler"). Les boneheads se réclament aussi de la classe ouvrière. Dans les années 80 beaucoup d'entre-eux se considéraient comme les fils spirituels des SA (Sections d'assaut, brigades de militants nazis des années 1930 en Allemagne). Ces SA tenaient un discours à la fois nationaliste, raciste mais aussi social et étaient issus du monde ouvrier et de la petite bourgeoisie. Ils réclamaient des mesures sociales avancées et la constitution d'une armée populaire. Leurs chefs furent exécutés par les SS aux ordres d'Hitler lors de la "nuit des longs couteaux" en 1933. Hitler montrait ainsi son refus de toute opposition interne au sein de son parti. Enfin, de manière plus anecdotique, il existe d'autres mouvements skinheads.
- Skinheads chrétiens: Il ne faut pas les confondre avec les skinheads nationalistes identitaires. Leur positionnement est ouvertement antiraciste et antinazi. Très présents en Amérique du Nord (Canada et USA) où la scène punk-rock chrétienne est gigantesque, les skinheads chrétiens font de plus en plus parler d'eux en Europe. Ces derniers sont beaucoup plus présents dans le milieu hardcore et straight edge que dans le milieu Oi! ou Street Punk. Parmi, les groupes skins chrétiens, on peut citer le groupe de ska/rocksteady américain The Israelites, le groupe de hardcore américain The Deal, ou encore les groupes de oi! allemand Jesus Skins et Suspekt.
- Les Gayskins : skinhead homosexuel. Le skinhead est devenu un thème classique de la pornographie homosexuelle masculine. C'est un avatar du working class boy, et le look skinhead est arboré ostensiblement par certains gays, parfois de manière caricaturale (cheveux rasés à blanc, lacets blancs, attitude martiale, vêtements paramilitaires...). Mais il existe aussi un groupuscule gay néonazi fondé par un roadie de Skrewdriver : les Gay Aryan Skinheads, qui se réfèrent aux SA (et aux mœurs grecques de certains d'entre eux). Mais ces skinheads homosexuels nazis pratiquent beaucoup moins l'art du second degré que les autres skins gays.
ConclusionIl faut retenir que les premiers skinheads sont apparus il y a près de 40 ans et qu'ils n'étaient en aucun cas politisés et racistes. Leur point commun était leur origine sociale modeste,leur amour de la musique et leur goût pour la bagarre. Avec l'apparition du punk-rock en 1977 et le chômage qui frappe de plein fouet l'Europe à la fin des années 70, beaucoup de skinheads sont séduits par les textes néonazis du groupe britannique reformé Skrewdriver. La rupture est née. Aujourd'hui, chacun des courants skinheads évolue à part et se crée sa propre culture.
Mercredi 19 Avril 2006, 22:23
I) NAISSANCE D'UN MOUVEMENTET D'UN NOUVEL ÉTAT D'ESPRIT
A)Le merdier punk
Le mouvement anarcho-punk est, comme son nom l'indique, issu des cendres du punk. Mais il est différent du punk. D'abord, le punk était totalement nihiliste : pour lui, rien n'avait vraiment d'importance (le fameux "No future"). Ca n'était souvent qu'un beauf de plus qui avait mal tourné : il était sexiste, buvait de la bière ("Free beer for the punx"), se droguait, etc. Bref, les punks sont des crétins qui ne s'intéressent pas à la lutte. En plus, ils se sont fait récupérer par la mode, l'argent (SEX PISTOLS), leur musique est devenue aseptisée (THE CLASH).
Pourtant, depuis un ou deux ans, il s'est crée un revival, et de nombreux groupes se réclament du mouvement punk : NOFX, GREENDAY, OFFSPRING... Mais ce ne sont qu'une pale copie d'un mouvement purement "destroy". Bref, c'est de la merde, sans aucune authenticité. C'est vraiment la reprise d'un mouvement à la sauce commerciale puissance 10. Seuls, certains groupes réellement originaux arrivent à tirer leur épingle du jeu comme QUEERS sur LOOKOUT RDS.
b)Arrivé d'un groupe
Un groupe anglais de la fin des annees 70, CRASS, s'est mis à cracher sur le mouvement punk. Déjà, le nom, CRASS (= "crasse") est pour se foutre de la gueule de CLASH (= "éclat"). Dans une chanson, ils disent "they said we were trash, well the name is Crass not Clash". Avec des chansons comme "Punk is dead", ils se forgent une solide réputation de punks atypiques. Mais ils sont beaucoup plus que ça...
c)Refuser d'être commercial
Les punks, à l'image des trop connus SEX PISTOLS, cherchaient à vendre avant tout. Ils désiraient ardemment faire du profit en utilisant les canaux commerciaux pour distribuer leurs disques. ces groupes connus sont comme toujours les arbres qui cachent la forêt, et même parmi les membres des groupes engagés certains ne voyaient qu'un moyen de réussir
CRASS a monté son propre label indépendant CRASS RECORD et a commencé à sortir, outre ses propres albums, les albums de leurs potes. Ca s'appelle le DIY (Do It Yourself). Les anarcho-punks refusent de signer chez les grands labels. Des flyers "Only stupid bastards help EMI" sont glissés dans les pochettes de disques dans les magasins (EMI ayant fait partie d'un groupe comprenant une division militaire). Les anarchopunks refusent tout compromis.
Ils les ont également encouragés à monter leur propre label dans l'esprit DIY : SPIDERLEG et ONE LITTLE INDIAN (qui a sorti des disques de BJORK et de SKUNK ANANSIE) pour les FLUX, MOTORHATE pour CONFLICT. Certains de ces anciens groupes sont morts, d'autres sont toujours là. Il existe également de nouveaux groupes dans le même esprit (COEXIST, ANOMIE, HEYOKA). Ces groupes n'utilisent pas les canaux de distribution traditionnels pour refourguer leurs disques : ils passent par les boutiques "undergrounds", les listes de distribution (c'est une liste de disques que des mecs vendent à l'état neuf, mais en ne faisant pas ou peu de profit), et les concerts ou les festivals sont aussi des lieux de ventes.
A l'époque, les 45T des EPILEPTICS ont été vendus 75 pences (contre 1 livre sterling en moyenne pour un 45T) avec des pochettes rudimentaires. S'étant fait arnaquer par un label, ils ont re-enregistré leurs disques sur leur propre label. Ce système anti-commercial s'applique aussi aux badges, t-shirts, k7-video ... Toujours fait avec les moyens du bord sans passer par les circuits traditionnels. De nombreux groupes refusent de faire des CDs car trop chers (en plus il faut payer 5FF par CD à EMI qui a acheté le brevet du CD à PHILIPPS). Ils préfèrent rester au vinyl, moins cher à produire en petite série, donc moins cher à l'achat.
Il est intéressant de constater que les groupes se "cassent" les uns, les autres. TROMATISM, dans "Les majors-companies", se fout ouvertement de la gueule de la MANO NEGRA. Parfois, des groupes utilisent l'aspect "underground" pour mieux vendre (SATELLITES,MOLODOI).
D)Refuser la mode
CRASS refusait la mode et le prouvait bien : ils ont décidé de ne s'habiller qu'en noir. En fait, dans le mouvement anarcho-punk, il n'y a pas que des gens avec des crêtes, il y a de tout. Aucun groupe n'adopte le meme style de fringue et tout le monde s'en fout de toute façon. (ce qui n'est pas une raison en soi pour porter des Lacostes tout de même)
Dans la musique aussi, la mode n'est pas trop présente. Les groupes font vraiment la musique qu'ils désirent et elle peut être très diversifiée, même si ils se reconnaissent dans le meme mouvement. (OI POLLOI a fait un morceau avec de la cornemuse, FLUX OF PINK INDIANS a évolué vers une musique plus expérimentale). Le point commun à toutes ces musiques : elles ne sont pas faites par des musiciens confirmés. C'est l'expression de la rue, c'est une forme d'art vraiment accessible à tous (la majorité des groupes punks ne font pas de solo de guitare). Parfois, les punks prétendent ne pas savoir jouer : en fait ils jouent différement de la guitare : moins d'accords plus de pêche mais ça peut très technique au niveau du rythme.
De plus, les groupes anarcho-punks refusent de devenir des idoles. Ils ont leurs inconditionnels, mais on ne peut pas parler de fans. Sur leur pochette, on ne trouvera jamais de photo des membres du groupe. On ne sait jamais leur vrai nom, car ils empruntent des surnoms évocateurs ("Eve Libertine", "Phil Free" pour CRASS).
Les T-shirts, les badges n'ont aucune fonction esthétique, c'est juste pour afficher clairement ses opinions a grands coups de slogans ("There is not enough, stand up and fucking fight", "Think globally, act locally").
E)Provoquer
Les anarcho-punks n'aiment pas trop l'"etablishement", donc ils s'empêchent d'être diffusés à la radio-TV avec des chansons vraiment provoc' (FLUX OF PINK INDIANS : "Tube disaster").
Sid Vicious (SEX PISTOLS) arborait la croix gammée, non pas parce qu'il était nazi, mais par pure provocation. En fait, c'est là un point commun entre les punks "destroys" et les anarcho-punks. Maintenant, une bonne provocation serait d'aller a un concert punk avec un T-shirt d'HELENE ET LES GARCONS !
TRANSITION : les idées sont principalement véhiculées par les groupes anarcho-punks avec les paroles, mais aussi avec les livrets (dans ceux de OI POLLOI ou ceux de FLUX OF PINK INDIANS : il y a plein d'adresses d'associations, des textes d'opinions, etc.). Il y a même une chanson de OI POLLOI qui explique une recette de cuisine végétarienne. Il y a aussi leur attitude en concert : ils refusent de jouer s'il y a des chiens dans la salle (trop fort pour leurs tympans). Attitude, qui d'ailleurs, s'étend en dehors des salles de concert, puisque, le mouvement anarcho-punk est d'abord une véritablephilosophie de vie.
II) LE MARIAGE DU PUNK ET DE LA POLITIQUE
A)L'ANARCHIE
Généralement, les anarcho-punks sont anarchistes, mais ça n'a rien à voir avec l'idée : "on va tout casser !!!". Au contraire, les punks sont constructifs, et pour eux, l'anarchie est une manière de se débarrasser de l'état, qui dicte ses conditions. C'est juste pour combattre le système et c'est un système dans lequel l'individu peut réellement s'émanciper en vivant dans l'autonomie.
Etymologie du mot "anarchie" (vient du grec)a : privatif archie : (on le retrouve dans hierarchie, monarchie) commandement.
Donc, c'est le non-commandement : on ne donne pas d'ordre, on ne reçoit pas d'ordre. C'est un systeme basé sur la tolerance et une certaine forme de sagesse.
Des preuves de leur volonte d'être constructifs ? S'investir dans des groupes autonomes ou des assos sur un thème au niveau local (CALM a THIONVILLE), faire des rassemblements (festival d'EDIMBOURG ou de DIJON), monter des distros, animer des squatts (l'OUVRE SQUATT), des lieux de rencontre (21 ter, Rue de Voltaire a Paris), faire des tracts ou des livres (PUNK WITH PRESSES), et même ouvrir des restaurants végétariens (ASSOCIATION ORTIE).
L'antispécime / Le végétarisme / La défense des animaux
Le spécisme est à l'espèce ce que le racisme est à la race. En gros, les antispécistes sont contre différencier les animaux des hommes. Pas de hiérarchie ! Deux pages pour mieux comprendre tout ça...
http://math.unice.fr/~michel/animaux/antispe1.html http://www.gaia.be/indexfr.html
Tout cela part d'un constat : l'homme exploite l'animal (ce qui fait de nous des monstres) et il est possible de vivre normalement sans viande ou poisson... Les anarcho-punks défendent à fond le végétarisme (CONFLICT : "Meat means murder").
Les anarcho-punks sont les fondateurs du plus grand groupe de libération animale : l'ALF (Animal Liberation Front). De nombreux groupes sortent des disques dont les bénéfices sont directement reversés à l'ALF. Ce groupe est chargé de récupérer des animaux qui vont être livrés à la vivisection (l'OREAL par exemple a beaucoup souffert de leurs attaques). L'ALF organise aussi des raids contre les chasseurs. Il ne faut pas avoir peur de dire que les gars de l'ALF n'hésitent pas à être très violents dans leur manière de protester. Il ne faut pas oublier leur fondement punk...
L'environnement / L'antimilitarisme
"No compromise in defence of our earth" (OI POLLOI) ...
Les anarcho-punks prennent soin de l'environnement. CONFLICT est l'instigateur de STOP THE CITY, qui est une manifestation londonnienne qui se passe le plus souvent possible. Elle a pour but d'arrêter le trafic des voitures sur les routes. Les enfants peuvent alors faire des dessins dessus, les gens dansent, etc.
Beaucoup de punks sont contre le nucléaire : danger intrinsèque pour l'environnement, concentration du pouvoir (DIRT "Nagasaki"). L'aspect le plus inquiétant est bien sur la guerre nucléaire (CONFLICT : "You cannot win a nuclear war"). Et la guerre tout court : CRASS a eu des problèmes avec une chanson sur les FALKLANDS pendant la guerre avec l'ARGENTINE. Même des groupes moins impliqués ont tout de meme pris parti (THE EXPLOITED : "Let's start a war said Maggie one day"). La guerre permet au pouvoir de se renforcer, de s'auto-justifier et d'ôter toute forme de jugement objectif et de contestation.
d) Le fascisme / Le racisme
Même si quelques punks ont porté des insignes nazis, c'était avant tout de la provocation gratuite, par réaction au conformisme (surtout dans les pays de l'est). Un grand nombre arbore des patchs "GEGEN NAZIS". OI POLLOI pronne la maniêre violente : "Bash the fash", mais d'autres sont plus tolérants et combattent à la manière de Gandhi (CRASS : "Fight war, not wars", DIRT : "Object refuse, reject abuse").
Beaucoup de punks se reconnaissent dans les assos REFLEX, SCALP ou RAS L'FRONT qui combattent le FN. Tous les punks (même les groupes consi- dérés comme beaufs par les anarchos) ont fait une chanson anti-FN (LES RATS : "L'oeil qui te manque", LES CADAVRES "No pasaran") qui est une de leurs chansons les plus fortes (BxN "Porcherie"). La lutte espagnole contre le franquisme est un thème fréquent (ND), cette époque étant avec la commune de Paris un des seuls épisodes où l'aspect libertaire de la lutte a été flagrant.
La lutte contre le racisme et la protection des minorités est un souci constant. Les punks se sont prix de passion pour un mouvement des indiens du Chiapas contre le gouvernement mexicain : l'EZNL. Pour plus d'infos : http://comm.qc.ca/Centre/Reseau/mex2.html Le thème de la révolution mexicaine passée (KOCHISE sur le leader ZAPPATA) ou présente (HEYOKA) est abordé. Les minorités comme les Basques ont aussi leurs porte-paroles (KORTATU). Certains labels (TIEN AN MEN) se sont spécialisés dans les éditions de groupes de pays pauvres ou en guerre, qui n'ont pas les moyens de sortir des disques.
e) D'autres combats
L'aspect WORKING CLASS : certains punks, les Street punks sont fils et fiers de la classe ouvrière. Ils se reconnaissent dans la nécessité du travail qui leur apporte une certaine liberté, dans les luttes contre le patronat pour défendre les plus démunis (les BRIGADES maintenant INFORMERS ou les PARTISANS).
Ils proposent d'autres alternatives pour l'éducation nationale, qu'ils considerent nulle car elle ne favorise pas l'apprentissage des arts. Dans les squatts, ils organisent souvent des ateliers artistiques. Il est normal d'exiger une école plus créative et utile, axée sur le développement personnel et la solidarité.
Ils luttent contre le gaspillage et la surconsommation : à partir du moment ou nous sommes dans une spirale ascendante de consommation, il est obligé que l'on prive quelqu'un (PARIAPUNK).
La drogue : contre toutes les formes de drogues dures. Le reste, ils s'en foutent.
Contre le sexisme : il y a souvent une égalité homme/femme qui est présente (des voix féminines comme pour DIRT ou CRASS sur l'album "Penis envy"). Le thème du respect de la femme est souvent abordé (HEYOKA, MANKIND).
Contre l'homophobie : toujours dans le respect de l'individu, la protection des minorités (OI POLLOI : "When two men kiss").
Un résumé sur les anarchos et la politique ? Laissons la parole à PARIAPUNK : "Nous sommes contre toutes les formes de pouvoir, qu'il soit sexuel, social, culturel, ethnique, naturel ou politique. Selon nos moyens et nos possibilites, nous essayons de lutter en ne perpétuant pas le pouvoir. Celui-ci ne se manifeste pas seulement au travers des forces d'oppression (armées, gouvernement ...) : il est autour de nous mais aussi en nous. Nous ne comprenons pas les gens qui réduisent les problèmes de pouvoir et de soumission en montrant du doigt une élite stéréotypée (comme par exemple les bourgeois ou les capitalistes) niant ainsi l'intégralité et la complexité de l'innacceptable. Pour changer la société, nous pensons qu'il faut d'abord que les individu(e)s se changent eux-mêmes."
CONCLUSION:
Des paroles que j'adore et qui font le tour de la question : Punk's the people's music and I don't care where they're from Black or white, punk or skin, there ain't no right or wrong We're all just human beings, some of us rotten, some of us good You can stuff your false divisions cos together I know we could Beat the system, beat its ruleAin't got no class, I ain't a fool Beat the system, beat its lawAin't got no religion cos I know there's more Beat the system, beat its gameAin't got no colour, we're all the same People, people, not colour, class or creed Don't destroy the people, destroy their power and their greed. par CRASS (la boucle est bouclée).
Mercredi 19 Avril 2006, 22:09
Cet historique nous permet de remarquer que les skins fachos (les boneheads) ne sont qu'une minorité du grand mouvement skinhead, et même une dégénérescence (comment peut-on être raciste et se déclarer appartenir à un mouvement par essence multiracial et multiculturel ?). Un historique et un schéma qui vous feront comprendre que les véritables skins, contrairement aux blah-blah des médias (mais rien d'étonnant à cette intox : souvenez-vous de la guerre du Golfe, de la créature de Roswell, ou encore des grèves de novembre et décembre 1995...), ne sont ni racistes ni fascistes, bien au contraire ! Etre skinhead signifie appartenir à la classe ouvrière et se battre pour son émancipation ! Etre skinhead signifie appartenir à une culture multiraciale, d'échange, de rencontre, et de partage ! Skinhead signifie Unité et Solidarité ! Historique du mouvement skinhead C'est en Grande-Bretagne, à la fin des années 60, que le mouvement skinhead voit le jour. Il est le résultat de la rencontre entre les hard mods anglais et les rude boys jamaïcains. Les hard mods constituaient la frange prolétaire des mods qui, à cette époque se dirigeaient vers la mouvance hippie. Ces mods purs et durs refusaient d'intégrer un mouvement instigué et supporté principalement par les enfants des classes bourgeoises. En effet, comment parler de paix, de spiritualité, de délires mystiques et psychédéliques, alors que partout ne règnent qu'injustice économique et violence sociale. Ces mods ne pouvaient se reconnaître dans les facéties bourgeoises d'une jeunesse dorée en mal de sensations fortes. C'est donc tout naturellement dans leurs quartiers, dans leurs rues, qu'ils ont rencontré les immigrants jamaïcains et antillais, et plus particulièrement les rude boys. De cette rencontre multiraciale et multiculturelle, et de ce refus de compromis avec la bourgeoisie marquant l'affirmation de l'appartenance à la working class, nait le mouvement skinhead. Par essence, anti-raciste et prolétaire. A ces débuts, le mouvement n'est pas politisé. Si ce n'est, comme pour toute autre partie du prolétariat, certains ayant pris conscience de l'intérêt de classes et de la nécessité de la lutte et de l'engagement. C'est aussi de cette époque que date le look skin : Un mélange de fringues destinées à singer les bourgeois et de tenues de travail. C'est ainsi qu'apparaissent pour la première fois le port des chaussures de sécurité (tels les Doc Martens), en référence aux origines prolos. En 1977 éclate la tempête punk, et avec elle le mouvement skinhead connaît un renouveau. Mais là aussi, alors qu'une partie de la scène keupon tourne vers le plastic punk (aujourd'hui appelé MTV punk) où la rebellion n'est plus qu'une simple vue de l'esprit, avant de devenir un produit commercial de plus, quelques groupes (tels SHAM 69 ou THE BUSINESS) se radicalisent plus sur des positions de classe et une expression working class. C'est la naissance de la Oi ! (Oi ! : Abréviation argotique cockney de "Hey you !"). Et c'est à cette période qu'entrent en jeu les idées d'extrême-droite. De tout temps, l'extrême-droite a recruté dans le Lumpen-proletariat. Et le mouvement skinhead n'a pas échappé à cette règle. D'autant que l'absence d'idéologie politique précise dès le début du mouvement a fortement contribué à faire passer certaines idées puantes chez certains. Le National Front, et consorts, a donc tout naturellemnt tenté de récupérer cette scène dans laquelle se trouvaient des jeunes exploités ayant envie de réagir, mais sans véritable conscience ni culture politiques. Apparaissent dès lors les "skins" fachos, que les skinheads appellent Boneheads. A cette fin des années 70 et début 80, c'est aussi le revival ska avec le mouvement 2-TONE (tels THE SPECIALS, BAD MANNERS ou MADNESS). Ce renouveau permet aux skinheads de (se) rappeler les racines et origines du mouvement en portant le damier noir et blanc SKA, symbolisant l'antiracisme et l'unité. Mais les médias, toujours à l'affut du sensationnel, voient dans la dérive de certains une putain d'aubaine. Dès lors, pour l' "opinion publique", le mouvement skinhead est assimilé aux errements sanglants et criminels de quelques groupuscules boneheads. En réaction à cet amalgame, fruit de la course à l'audience des mass-media, se créent des tendances comme les SHARP (SkinHeads Againt Racial Prejudice - Skinheads contre les préjugés raciaux) ou encore les RASH (Red and Anarchist SkinHeads). Au sein de ces groupes s'affirme bien la nécessité d'un engagement politique radical et d'une veritable transformation sociale et économique, et de ne plus simplement se contenter d'un anti-racisme bon teint et de principe.
Mercredi 19 Avril 2006, 20:27
Issu de la classe ouvrière, singeant et combattant la jeunesse petite bourgeoise. A la moitié des 60's, la plupart tournent hippies, mais les gangs de hard mods deviennent de plus en plus "durs".
Mercredi 19 Avril 2006, 20:16
Mouvement de jeunesse jamaïcain, copiant l'habillement des gangsters. Il se répand sur la jeunesse immigrée antillaise en Angleterre. Alliés des mods, ils deviennent vite un "modèle" pour les premiers skins.
Mercredi 19 Avril 2006, 20:14
Après quelques années, les cheveux repoussent un peu et les vêtements sont de plus en plus élégants. Plus de style, mais le même esprit.
Mercredi 19 Avril 2006, 20:11
Les cheveux encore un peu plus longs, mais le même goût des stades de foot et de la musique noire. Ils adoptent également le Glam Rock (David Bowie, The Cure).
Mercredi 19 Avril 2006, 20:10
Le style "de rue" des suedeheads / smoothies. Il restera très vivant jusqu'à l'arrivée du punk, surtout hors des villes. (Un look que l'on retrouve dans "Orange mécanique" de Stanley Kubrick.)
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